Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

"Les théoriciens de l’école classique ressemblent à des géomètres euclidiens qui, se trouvant dans un monde non euclidien et constatant qu’en fait les lignes droites qui semblent parallèles se coupent fréquemment, reprocheraient aux lignes leur manque de rectitude, sans remédier autrement aux malencontreuses intersections qui se produisent." J.M. KEYNES, 1936

07 Oct

Synthèse d’article - « L’économie de l’offre ? On a essayé et ça ne marche pas… »

Publié par J.D.

Introduction

Alors déjà bonjour, j’ai été vraiment très absent mais bon j’essaye de poster de temps en temps, et là j’en avais envie, envie à cause d’un chouette article de Guillaume Duval, le rédacteur en chef d’Alter éco pour ceux qui connaissent. Vous ne pouvez surement pas accéder à cet article à moins d’être abonné ou d’avoir acheté le numéro de ce mois-ci. Donc le but n’est pas que je recopie l’article mais que j’essaye de vous filer les idées importantes, parce que cet article développe des points capitaux sur la situation économique de la France aujourd’hui…

Ce qui ne va pas…

Alors quand on parle de politique de l’offre déjà qu’est-ce que ça veut dire ? Pour simplifier on va dire qu’une politique de l’offre va se traduire par des mesures d’austérité de la part du gouvernement (donc on réduit les dépenses publiques en gros). Au contraire une politique de la demande va se traduire par des mesures de relance de la demande (souvent de l’investissement public) ; dans le contexte actuel qu’est-ce que ça veut dire ??

Le point de départ ce sont les chiffres du PIB qui sont sorti en août pour le second trimestre. On avait des chiffres au premier trimestre assez positif mais ils sont retombés. Pourquoi ?? On a eu tout une période de « oh le pacte de responsabilité, c’est magique, on allège les charges des entreprises, pour relancer leur profit et leurs investissements, OUIIIIIII !!! », sauf que non. Ça a fonctionné au début, et puis plus du tout.

Ce qui s’est vraiment passé c’est qu’on avait une situation positive pour les ménages, le prix du pétrole continuait de baisser, la consommation allait bien… Du coup les profits des entreprises ont augmenté (jusqu’à dégager 31% de marge, ce qui est assez élevé). Le problème c’est que quand le prix du baril s’est stabilisé, la consommation a stagné, et si ça ne consomme pas, les profits se pètent la tronche. Et pour ne rien arrangé on est dans une situation d’austérité budgétaire qui n’incite pas du tout les ménages à consommer. Un autre effet négatif, la remise en cause de la protection sociale, le chômage qui continue à augmenter… Tout ça n’incite pas du tout les ménages à investir dans l’immobilier, et on rajoute encore un point négatif sur la croissance. Donc on a eu un petit trimestre sympa, assez positif, puis on repart dans la spirale de la croissance inexistante… Dommage, bien tenté…

L’idéologie derrière qui déconne…

Monsieur Duval nous parle après cela d’un théorème assez connu dans le milieu, le théorème de Schmidt : « Les profits d’ajourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». On favorise les entreprises, elles vont investir et puis il n’y a plus qu’à attendre que le chômage se résolve tout seul… Une « fumisterie » selon Guillaume Duval, du raisonnement d’imbécile selon moi.

Donnez aux entreprises la possibilité d’augmenter leurs profits, l’investissement ne sera évidemment pas leur priorité !!! Elles veulent recouvrir leur marge en premier lieux, puis leurs actionnaires ! L’investissement et l’emploi peuvent être dans leur priorité seulement lorsque la situation économique est déjà bonne ! Ce qui n’est, et ça ne vous aura pas échappé, pas le cas du tout !!!!

Donc ça pue ??

Oui ça pue bien, non seulement parce que cette habitude des politiques de l’offre est devenue la norme, mais plus encore une obligation. Il suffit de regarder l’état de la Grèce aujourd’hui, et comment Tsipras s’est fait saigner à blanc par les autorités européennes ! Demandez à n’importe quel économiste aujourd’hui, vous aurez de grandes chances pour qu’il vous réponde que faire de la politique de l’offre aujourd’hui est une aberration ! Les adorateurs de Smith me diront que j’ai un parti pris Keynésien (ils ont raison). Mais en l’occurrence il est nécessaire d’harmoniser politiques d’offre et de demande sous peine de rester dans un état de stagnation permanent ; et ce n’est pas de l’idéologie, mais de l’honnêteté intellectuelle !

Commenter cet article

À propos

"Les théoriciens de l’école classique ressemblent à des géomètres euclidiens qui, se trouvant dans un monde non euclidien et constatant qu’en fait les lignes droites qui semblent parallèles se coupent fréquemment, reprocheraient aux lignes leur manque de rectitude, sans remédier autrement aux malencontreuses intersections qui se produisent." J.M. KEYNES, 1936